Au Mali, des villages entiers sont affamés après la fermeture de routes commerciales par le JNIM, un groupe terroriste affilié à al-Qaïda. Depuis septembre 2025, ces actions mettent à rude épreuve l’autorité de l’État malien, rapporte le média The Conversation.

Les partenaires locaux de Portes Ouvertes sont entrés en contact avec Charles Yabaga Diarra (pseudonyme), un responsable d’église au Mali et porte-parole de la campagne Afrique: Unis contre la violence, au sujet de la situation actuelle.

Quelle est la situation actuelle au Mali?

Charles Yabaga Diarra — La crise du carburant a commencé en septembre de l’année dernière, lorsque le JNIM a bloqué les voies commerciales terrestres, rendant impossible le ravitaillement en carburant dans les stations-services. Depuis, la situation a connu quelques améliorations grâce à une trêve entre les autorités militaires et les terroristes du JNIM, intervenue après plusieurs semaines de pénurie sévère à Bamako.

La pression exercée sur une économie déjà fragile fait beaucoup souffrir les Maliens. Le blocus n’a fait qu’aggraver la situation humanitaire, économique et alimentaire.

Aujourd’hui, les prix des biens de première nécessité et de la nourriture ont fortement augmenté en raison des pénuries de marchandises et de médicaments. Les transports et les déplacements sont devenus très difficiles. Beaucoup de personnes ont perdu leur emploi et l’insécurité s’est accrue. Dans de nombreuses écoles, les cours ont été suspendus.

Quel a été l’impact de cette situation sur les activités des Églises?

C. Y. D. — L’impact sur les activités de l’Église est conséquent. Dans les premiers temps du blocus, nous avons constaté une baisse de la fréquentation des activités ecclésiales. Le déroulement du culte en a été affecté, car il n’y avait plus d’électricité. Dans le même temps, les dons à l’église ont diminué.

Se rendre visite et servir d’autres croyants est devenu difficile. Certaines personnes ont même peur de sortir et de rencontrer d’autres personnes. Quant aux missionnaires présents dans les zones rurales, ils se retrouvent isolés.

Y a-t-il eu des conséquences sur votre ministère?

C. Y. D. — Ce qui a touché l’Église m’a aussi touché en tant que responsable. L’inquiétude a augmenté, les visites ont été limitées et des réunions importantes ont dû être annulées.

Néanmoins, cette situation compliquée à vivre a eu le mérite de nous donner l’occasion de réfléchir à d’autres façons de servir. Elle nous encourage à faire confiance à Dieu.

Je suis toujours émerveillé en voyant et en repensant à la fidélité de Dieu pendant cette crise. Dieu a entendu nos prières, parce que des Églises et des croyants du monde entier se sont tenus à la brèche pour notre nation.

À lire aussi
Les chrétiens du Mali souffrent de l'extrémisme islamique

Au Mali, l'extrémisme islamique attise les haines interethniques entre les Peuls et les Dogons. ...