Le 22 juin 2025, l’église Saint-Élie de Damas, en Syrie, a été ciblée par un terroriste. En trente secondes, 25 personnes ont été tuées.
Attention: cet article contient des éléments susceptibles de choquer.
Elias et sa femme Hanan ne pourront jamais oublier ce qu’ils ont vécu ce jour-là. «C’était un massacre, se rappelle Elias. Nous avons traversé quatorze ans de guerre civile, mais une attaque à l’intérieur d’une église, c’est quelque chose d’inimaginable.»
Le dimanche 22 juin 2025, Elias et sa famille s’étaient réunis à l’église pour une messe funéraire après le décès de sa tante. L’église était particulièrement pleine, avec environ 300 personnes présentes.
Les souvenirs défilent dans la tête d’Elias: «La porte s’est ouverte brusquement et un terroriste est entré en tirant dans tous les sens.» Hanan s’est immédiatement accroupie entre deux rangées de sièges pour se mettre à l’abri.
«Mes frères, Boutros et Geryos, ainsi qu’un autre homme, Milad, se sont précipités vers le terroriste et l’ont plaqué au sol. C’est à ce moment-là qu’il a déclenché ses explosifs.»
En trente secondes, 25 personnes ont été tuées, dont 22 chrétiens.
Au milieu du chaos
L’explosion a plongé l’église dans le chaos, la confusion et la peur. «Vous ne pouvez pas imaginer la scène, raconte Elias. L’église est devenue rouge.» Dans l’explosion, Elias a reçu un éclat de la bombe dans la cuisse. Il a perdu beaucoup de sang.
«Seigneur, s’il te plaît, juste un de plus.»
— Hanan
Pendant ce temps, dans la panique générale, Hanan cherchait les enfants. Elle avait déjà retrouvé sa fille Taqla, puis la petite Christina, mais ses trois autres enfants restaient introuvables.
Hanan s’est alors mise à prier: «Seigneur, s’il te plaît, laisse-moi encore retrouver un enfant. Je serai déjà reconnaissante si j’en retrouve un de plus. Juste un de plus.»

À ce moment-là, son fils Ibrahim a couru vers elle. «Je l’ai serré contre moi et lui ai dit que nous devions sortir vite.» La scène reste gravée dans sa mémoire: «En nous dirigeant vers la porte, nous avons dû passer entre des corps étendus au sol.»
En sortant, Hanan a aperçu sa fille aînée, Elen, qui courait vers elle. Mais Sarah, 12 ans, était toujours introuvable.
«C’est là que j’ai remarqué qu’une jeune fille me suivait. Son visage était gonflé et méconnaissable, et ses cheveux brûlés. J’ai regardé ses chaussures… et j’ai reconnu celles que portait ma fille Sarah.» Malgré de graves blessures, Sarah avait survécu à l’attaque.
Une église qui s’affaiblit
Dans les jours qui ont suivi l’attaque, Elias a appris le décès de proches tués dans l’attentat, en commençant par celui de sa sœur. Plus tard, lorsqu’il s’est senti un peu plus fort, on lui a annoncé que ses deux frères et d’autres membres de la famille avaient également été tués.
Même si l’attaque n’a duré que trente secondes, cette famille vit chaque jour avec le traumatisme et les souvenirs de l’attentat. Près d’un an plus tard, Elias et Hanan réfléchissent toujours à la possibilité de quitter la Syrie.
«Si c’est la volonté de Dieu, nous resterons.»
— Elias
Dans leur quartier, la pression pour se convertir à l’islam est forte. Des extrémistes islamistes patrouillent régulièrement dans les quartiers chrétiens et exigent que les habitants se convertissent.
«Pour le bien de nos enfants, nous envisageons de ne pas rester ici, confie Elias. Si c’est la volonté de Dieu, nous resterons. Sinon, que Sa volonté soit faite.»
Les conflits de longue durée et la persécution ont poussé des milliers de chrétiens à quitter la Syrie ces dernières années. En 2011, on comptait 1,8 million de croyants. Aujourd’hui, il ne reste plus que 300.000 chrétiens. L’attentat contre l’église Saint-Élie a frappé le cœur même d’une communauté déjà en difficulté.
Bâtir sa foi sur le roc
Quitter la Syrie est peut-être une option pour l’avenir. Mais, pour l’instant, même au milieu de la peur, la famille tient ferme et la foi reste vivante.
L’attaque de juin 2025 n’a pas empêché l’église de continuer à se réunir, ni la famille d’Elias de suivre Jésus. Il y a peu, 22 enfants ont été baptisés à Saint-Élie – le même nombre de chrétiens qui ont perdu la vie dans l’attentat.

Récemment, la famille est retournée à l’église Saint-Élie pour la première fois depuis l’attentat. L’église comme Elias portent encore les séquelles de l’attaque. Elias marche avec une béquille car sa jambe, aujourd’hui maintenue par des broches, a été gravement blessée par l’explosion.
Le traumatisme de cette journée est toujours présent chez chacun, surtout les plus petits: «Les enfants ont peur du moindre son, explique Hanan avec tristesse. Ils pensent qu’ils sont attaqués.»
«Nous allons à l’église, mais la peur est là. Pourtant, même si nous avons peur, nous irons quand même», affirme Hanan avec une détermination courageuse.
Elias a la conviction que Dieu ne les abandonnera pas: «Nous le remercions pour tout. Notre foi est solide. Nous continuerons. Jésus a dit: “Sur ce roc, je bâtirai mon Église.” Notre foi est bâtie sur le roc, pas sur des bulles de savon.»

Dans la maison familiale trône toujours une image de Jésus en bon berger, qu’Elias a sauvée des décombres de l’église et qui porte encore des traces de sang séché. Il lit le message qui est inscrit dessus: «Je suis le bon berger, et le bon berger donne sa vie pour ses brebis.» Si l’avenir est incertain, Elias place toute sa confiance en Dieu: «Nous vivons au jour le jour. Notre seule ambition est de Lui rester fidèles.»
«Notre foi est bâtie sur le roc, pas sur des bulles de savon.»
— Elias
À Portes Ouvertes, notre vision est d’affermir la foi courageuse de chrétiens comme Elias, Hanan et leurs enfants, en les soutenant sur le long terme. Pour continuer de tenir bon et rester dans leur pays, ils ont besoin de votre aide.

Sujets de prière
- Prions pour la paix, la stabilité et la croissance de l’Église syrienne.
- Prions pour que l’Église syrienne puisse résister à tout ennemi, visible ou invisible, et à toute pensée qui l’empêche de glorifier Dieu.
- Prions pour la liberté de culte, de foi et de prière en Syrie. Que Dieu chasse ce nuage de ténèbres en Syrie comme dans le reste du Moyen-Orient.
- Prions pour la famille d’Elias et Hanan et pour toutes les familles syriennes. Puissent ces familles vivre en paix sous la protection de la main de Dieu, afin qu’elles restent sur leur terre natale.
- Prions pour que le Seigneur guide Elias et Hanan alors qu’ils discernent l’avenir de leur famille et pour la guérison intérieure du traumatisme causé par l’attentat.