Il y a dix ans, un rassemblement de chrétiens dans le nord-ouest de la Chine a été violemment interrompu par la police. Responsable d’église, Lu Mei (pseudonyme) est arrêtée, interrogée et placée en détention pendant 28 jours. Cette arrestation a marqué le début d’une persécution qui ne s’est jamais arrêtée depuis.

En liberté, mais surveillée

Quand Lu Mei est rentrée chez elle, la pression n’a pas cessé. Durant deux ans, la police s’est présentée régulièrement, sans prévenir, pour l’interroger. Elle a été de nouveau placée en détention à deux reprises, sans jamais qu’aucune accusation ne soit formulée. 

À cette époque, Lu Mei était une femme au foyer à plein temps; il n’y avait aucune preuve la liant à des activités religieuses. Pourtant, la police effectuait des visites régulières pour l’intimider et la décourager de pratiquer sa foi.

Une fois, Lu Mei a été convoquée au commissariat pour un interrogatoire. Son mari travaillait à l’extérieur de la ville et il n’y avait personne pour s’occuper de leur fille de quatre ans, si bien que Lu Mei n’a pas eu d’autre choix que de l’emmener avec elle au commissariat. Plus tard, des membres de sa famille sont arrivés pour prendre sa fille, mais Lu Mei a été détenue au commissariat pendant la nuit.

Ces intrusions répétées ont laissé la famille dans la tourmente.

Sur liste noire

Puis est venue une sanction plus silencieuse encore: Lu Mei a découvert qu’elle avait été inscrite sur une liste noire. Voyager, travailler, accomplir la moindre démarche administrative ou financière est devenu presque impossible.

«Je ne pouvais ni travailler ni gagner de l’argent, alors que ma famille traversait des difficultés financières, se souvient-elle en sanglotant. Le téléphone était surveillé, ce qui rendait difficile la communication avec les autres membres de l’église. Je me sentais isolée et incroyablement seule.» Lu Mei était désemparée par cette situation.

«C’était étrange d’être encore là, de respirer, et d’avoir pourtant l’impression d’avoir déjà été effacée.»

Lu Mei n’avait pourtant commis qu’un seul «crime»: être chrétienne. Lorsqu’on lui demande si elle a envisagé d’abandonner sa foi, sa réponse est immédiate: «Je n’ai jamais pensé abandonner depuis le jour où j’ai cru en Jésus, lorsque j’étais jeune fille.» Qu’elle soit libre ou non, Lu Mei est déterminée à servir le Seigneur.

En 2018, grâce à l’aide d’amis, le nom de Lu Mei a finalement été retiré de la liste noire.

Poursuivre la mission dans l’espérance

Récemment, Lu Mei a participé à une formation de préparation à la persécution, organisée dans une autre région de Chine par des partenaires de Portes Ouvertes. C’était la première fois depuis des années qu’elle quittait sa région.

Excitation, joie, soulagement, reconnaissance… Lu Mei a traversé une multitude d’émotions en retrouvant d’anciens camarades de sa formation en théologie. Des années d’injustice et de solitude se sont enfin allégées, remplacées par le réconfort de la Parole de Dieu et la chaleur d’une communion fraternelle aimante.

«Je sais que ma main est tenue par la Sienne.»

La persécution que Lu Mei a vécue n’est pas seulement un événement passé: c’est sa réalité actuelle. Lu Mei sait qu’il est probable que la persécution continue dans le futur.

En participant à cette formation, Lu Mei s’est rappelée une vérité essentielle: elle est acceptée, comprise, restaurée, renouvelée et encouragée, par Dieu et par Son peuple, en Chine comme dans le monde entier. C’est grâce à vos dons et à vos prières que Lu Mei a retrouvé cette espérance.

Elle a terminé cette formation avec le cœur plus léger: «Je ne sais pas à quoi ressemblera le chemin de demain, dit-elle. Il y a beaucoup de choses concernant l’avenir que je ne comprends pas encore, mais je sais qu’Il tient demain et que ma main est tenue par la Sienne.»