Au moment où vous vous coucherez ce soir, statistiquement, plus de 13 chrétiens auront été tués en raison de leur religion. Cela représente en moyenne un chrétien assassiné pour sa foi toutes les deux heures…

Notre nouvelle étude, menée du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2025, publiée aujourd’hui dans le cadre de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026, montre que plus de 388 millions de chrétiens sont exposés à des persécutions et des discriminations fortes en raison de leur foi.

Ce rapport annuel classe ainsi les 50 pays où il est le plus dangereux de vivre en tant que chrétien et dresse un constat accablant de la violence envers les communautés chrétiennes.

Ainsi, entre 2025 et 2026, le nombre total de chrétiens tués pour des raisons liées à leur foi a augmenté, passant de 4.476 à 4.849, soit presque 373 victimes supplémentaires.

L’Afrique subsaharienne reste la région la plus violente pour les chrétiens

Au cours des derniers mois, la violence à l'encontre des chrétiens au Nigéria (7ᵉ du classement) a été mise en lumière dans les médias. Et pour cause: l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026 souligne que le Nigéria reste le pays le plus violent au monde pour les chrétiens.

Sur les 4.849 chrétiens tués pour leur foi dans le monde, 70% l’ont été au Nigéria en 2025, soit 3.490 chrétiens. Autrement dit, sur 10 chrétiens tués pour leur foi dans le monde, 7 le sont au Nigéria. Le pays arrive en tête de plusieurs autres statistiques de violence, telles que le nombre de chrétiens enlevés (2.293) et le nombre de chrétiens violés ou agressés sexuellement (plus de 1.000).

Les recherches de Portes Ouvertes montrent par ailleurs que la crise actuelle en Afrique subsaharienne continue de s’aggraver: 14 des 50 pays figurant dans l’Index se trouvent en Afrique subsaharienne. Sur les 4.849 morts liées à la foi chrétienne dans le monde en 2025, Portes Ouvertes en a recensé 4.491 en Afrique subsaharienne, soit 93% du nombre total.

Des statistiques de violence effrayantes à l’échelle mondiale

Outre les chrétiens tués, l’Index 2026 fait état, au niveau mondial, de:

  • 4.712 chrétiens arrêtés, emprisonnés, détenus sans procès ou condamnés, uniquement en raison de leur foi (dont près de la moitié en Inde),
  • 3.302 chrétiens enlevés ou portés disparus,
  • 5.202 chrétiens violés, agressés sexuellement ou mariés de force à des non-chrétiens,
  • Près de 68.000 chrétiens victimes de violences psychologiques ou physiques (soit une augmentation de 20% par rapport à l’année dernière),
  • 224.129 chrétiens contraints de fuir leur foyer, de se cacher ou de quitter leur pays.

Il est important de noter que Portes Ouvertes ne prend en compte que les cas où les chrétiens subissent des violences pour des raisons liées à leur foi ou à leur identité chrétienne. Nos chiffres résultent d’un comptage direct, à comprendre comme des minimums absolus car de nombreux faits de persécution restent souvent cachés et non rapportés.

Des visages derrière les chiffres

Si les chiffres dressent un tableau sombre de la violence à laquelle les chrétiens continuent d’être confrontés, nous ne devons pas oublier que derrière chaque chiffre se cache une personne réelle. Autant de chiffres, autant de vies humaines brisées.

Salamatu, une chrétienne de l’État de Yobe, dans le nord du Nigéria, est l’un de ces visages derrière les statistiques. Lors d’une deuxième attaque contre son village, le groupe extrémiste Boko Haram a abattu son mari et le pasteur du village, puis incendié son église. Salamatu a été contrainte de quitter son village avec ses enfants et petits-enfants. Elle n’y reviendra pas. «Boko Haram nous a fait savoir que nous serions assassinés si nous revenions», explique-t-elle.

Aweis, un chrétien converti originaire de Somalie (2ᵉ du classement), a passé sa vie à lutter contre les conséquences de sa conversion: des menaces de mort proférées par son père jusqu’au rejet total de son clan, Aweis nous donne un aperçu du tumulte émotionnel et des souffrances physiques que ces chiffres représentent. «[Mon père] m’a dit: “Je ne peux pas t’empêcher de lire la Bible. Mais si tu deviens chrétien, c’est moi qui te tuerai”, raconte Aweis. L’hostilité et les menaces auxquelles j’ai été confronté ont dépassé tout ce que j’avais imaginé.»

Il nous rappelle que chaque statistique est liée à des personnes qui partagent les mêmes espoirs et les mêmes rêves que tous les êtres humains. Des espoirs tels que vivre en paix, travailler dans un but précis, offrir une vie meilleure à ses enfants et choisir librement sa religion, tout cela sans crainte: «Ma vision pour l’Église somalienne, c’est qu’elle devienne une composante normale et acceptée de la société. Un jour où l’on ne perdra plus ses enfants ou son conjoint à cause de sa foi. Un temps où l’État n’emprisonnera plus les croyants en raison de leur foi. J’aspire à voir venir ce jour.»

Salamatu, Aweis et des millions de chrétiens comme eux sont la raison pour laquelle Portes Ouvertes a lancé la campagne «Afrique: Unis contre la violence». La violence dans cette région est inimaginable; il est temps que le monde prenne conscience de ce qu’il se passe, mais aussi qu’il agisse.