Le groupe extrémiste islamiste Forces démocratiques alliées (ADF) a attaqué le village notoirement chrétien de Mayba, dans le Nord-Kivu, le 13 février. Sans une réaction immédiate de la communauté internationale, les ADF pourraient multiplier leurs attaques.

Des dizaines de chrétiens kidnappés par le groupe terroriste ADF, probablement tués

L’ONG Portes Ouvertes France et Belgique (réseau Open Doors International) tire la sonnette d’alarme après la disparition de dizaines de chrétiens en République démocratique du Congo (RDC).

Le jeudi 13 février à 4 heures du matin, les extrémistes des ADF ont fait du porte-à-porte pour capturer et enlever 20 chrétiens. Lorsque des habitants ont tenté d’intervenir, 50 autres individus ont été capturés.

Les 70 otages auraient été conduits dans l’église voisine de Kasanga et auraient été décapités de sang-froid, notamment avec des machettes, selon plusieurs sources. Les jours suivants, on retrouvait les corps sans vie de certains de ces chrétiens, membres des églises locales.

Un partenaire local s’est rendu sur place pour enquêter. Il est passé par plusieurs villages, désertés après les attaques répétées. De ses échanges avec un responsable communautaire local, il a pu confirmer l’enlèvement d’un grand groupe de chrétiens et le fait qu’ils ont été emmenés, captifs, à l’église de Kansanga. Les corps d’une dizaine d’entre eux ont bien été retrouvés derrière l’église, mais il n’était pas possible de confirmer qu’ils avaient été décapités.

«Ce n’était pas un simple acte de terreur, c’était un massacre ciblant les chrétiens. Et ils ne s’arrêteront pas là.» 

Illia Djadi, analyste international pour Portes Ouvertes, spécialiste de la liberté religieuse en Afrique subsaharienne, poursuit: «Les ADF sont intégrées à un réseau extrémiste en pleine expansion qui cherche à établir une république islamique en Afrique centrale, à l’image du groupe État islamique au Moyen-Orient. Si rien n’est fait, d’autres attaques suivront.»

Un pays en plein chaos: un vide sécuritaire dangereux

Ce massacre s’inscrit dans une dégradation alarmante de la situation sécuritaire en RDC:

  • Le groupe rebelle M23 a pris le contrôle de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
  • Les forces congolaises, dépassées, ont reculé, laissant les civils vulnérables.
  • Les ADF exploitent ce vide sécuritaire pour mener des attaques impunément contre les communautés chrétiennes.
«Les villages chrétiens sont systématiquement ciblés. Pourtant, le silence international est assourdissant.»
— Illia Djadi

Les ADF, affiliées au groupe État islamique, attaquent les églises, tuent des responsables d’église et chassent des communautés chrétiennes entières. En 2023, 355 chrétiens ont été tués en raison de leur foi en RDC.

Une pétition pour amener la communauté internationale à agir

«Depuis des années, Portes Ouvertes alerte sur cette montée en puissance de la persécution des chrétiens en Afrique Subsaharienne. Aujourd’hui, nous en constatons les conséquences dramatiques», explique Illia Djadi.

À l’image des ADF en RDC, de nombreux groupes terroristes, dont beaucoup ont prêté allégeance à al-Qaïda ou au groupe État islamique, prolifèrent en Afrique subsaharienne. Leurs actions violentes remettent en cause le vivre-ensemble et ciblent les minorités, notamment les chrétiens.

Face à l’explosion de la violence et à l’urgence de la situation des minorités religieuses en Afrique subsaharienne, Portes Ouvertes a lancé une grande campagne mondiale de mobilisation pluriannuelle: Afrique: Unis contre la violence (Arise Africa).

Une pétition demande ainsi à la communauté internationale de veiller à ce que les minorités en situation de vulnérabilité en Afrique soient traitées avec dignité et respect, en leur accordant:

  • La protection, contre les attaques violentes de militants et de groupes terroristes;
  • La justice, par des poursuites judiciaires équitables contre les perpétrateurs de violence;
  • La restauration, par une réhabilitation et des soins adaptés apportés aux communautés meurtries.