Chine

Aujourd’hui, dans la plupart des régions de Chine les activités chrétiennes sont plus surveillées que contrôlées. Les chrétiens sont particulièrement persécutés dans 3 régions.

Contexte

chineAlors que le visage de Mao trône toujours sur la place Tiananmen, le Colonel Sanders de la chaine de restauration rapide, Kentucky Fried Chicken, lui sourit désormais depuis l’autre côté de la place. C’est cette tension entre ces deux forces, celle de l’autoritarisme chinois et du capitalisme occidental, qui donne à la Chine son côté si particulier et qui explique l’ambiguïté des relations entre l’Eglise et l’Etat.

La Chine s’affirme de plus en plus sur la scène internationale. Son statut, récemment retrouvé de superpuissance, a rendu ses dirigeants plus profondément nationalistes et plus antioccidentaux de bien des manières. Le christianisme est toujours considéré comme d’origine occidentale, ce qui force les églises à rester sur la défensive.

D’un autre côté, les autorités chinoises sont de plus en plus sous pression à l’intérieur du pays. Elles font face à d’énormes défis démographiques, économiques et sociaux. Elles ont fort à faire pour gérer une forte croissance économique tout en assurant la stabilité sociale. Curieusement, cela ouvre des portes à l’Eglise puisque le gouvernement cherche des alliés honnêtes pour l’aider à relever ces défis.

Mais dans le même temps, le gouvernement communiste du nouveau président Xi Jinping entend contrôler toute activité religieuse.

Sources de persécution

En Chine, la persécution qui touche les chrétiens est le fait de l’oppression communiste et, dans une moindre mesure, de l’extrémisme islamique et du nationalisme religieux.

Aujourd’hui, dans la plupart des régions de Chine les activités chrétiennes sont plus surveillées que contrôlées. Le temps où les chrétiens devaient être exterminés est révolu, mais la persécution peut encore surgir à tout moment. Les nouveaux dirigeants chinois devraient être de plus en plus disposés à les utiliser plutôt qu’à les exterminer. Les églises de maison avancent à l’aveuglette dans cette atmosphère imprévisible de danger et d’opportunités.

Concernant les églises ethniques Han, certains observateurs parlent de trois types d’églises, les églises “noires” qui sont illégales et combattues par l’Etat (par exemple les catholiques loyaux au Vatican), les églises “rouges” qui sont reconnues par l’Etat et contrôlées et les “grises” qui ne sont pas déclarées mais qui sont tolérées et qui regroupent la majorité des chrétiens. La plupart du temps, la police n’utilise pas la violence à l’encontre des églises han mais elle intime aux pasteurs et autres responsables d’églises de venir “prendre le thé” avec eux. Il s’agit d’un euphémisme pour désigner un entretien au cours duquel sont clairement rappelées les règles et les limites de l’activité religieuse et des rencontres de chrétiens, et c’est un moyen très efficace de garantir une “société harmonieuse”.

La situation est différente pour les chrétiens des ethnies minoritaires comme au Xinjiang (Nord-Ouest de la Chine) et au Tibet. L’escalade de violence dans la province du Xinjiang complique encore plus le quotidien déjà difficile de la toute petite (quelques milliers) communauté de chrétiens d’origine musulmane. Ils souffrent de l’action du gouvernement, qui sévit dans la région, mais ils sont également persécutés par leur famille, leurs amis et leurs voisins. La situation est la même pour les quelques centaines de chrétiens d’origine bouddhiste de la province du Tibet, à l’extrême ouest du pays. Même si la pression et la violence n’y sont pas aussi élevées qu’au Xinjiang, la situation des chrétiens n’y est pas beaucoup plus favorable.

En outre, nous recevons régulièrement des rapports faisant état de violence dans la province du Zhejiang (Est de la Chine) connue aussi sous le nom de “Jérusalem chinoise”. Les autorités locales y ont entamé une campagne de lutte contre les structures religieuses, particulièrement les églises. Certaines ont été totalement détruites et plus de 300 croix qui ornaient des lieux de culte ont été mises en pièces. Même s’il est difficile de savoir en détail ce qu’il en est, cela ne semble pas augurer d’hostilité de plus grande envergure, mais ce serait plutôt un avertissement aux églises pour éviter que celles-ci ne deviennent trop visibles.

Informations sur la minorité chrétienne

  • Il n’y a pas si longtemps, les chrétiens ont dû faire face à une persécution sévère, tout particulièrement au plus fort de la révolution culturelle entre 1966 et 1976.
  • Début 1970, il restait moins de 500 000 chrétiens dans le pays mais dans les années 80, dans le coeur rural de la Chine, plus de 50 millions de personnes se sont converties durant ce qui a été le plus grand réveil jamais vu au monde.