Depuis quelques semaines, Cuba est secouée par des manifestations liées à la crise que traverse le pays et à son aggravation. Récemment, deux responsables ont été arrêtés et placés en détention par les autorités cubaines.

Un responsable arrêté alors qu’il priait dans un parc

Le 13 mars, Rolando Pérez Lora a été arrêté à Matanzas alors qu’il priait dans un parc public avec des membres de son église et sa famille pour la situation du pays.

Selon des sources locales, il aurait été interpellé après avoir partagé un message biblique sur YouTube et encouragé les chrétiens à soutenir pacifiquement les manifestations liées à la crise cubaine.

Rolando a été arrêté sans mandat et devant sa famille, ce qui a suscité l’indignation de nombreux responsables religieux et croyants. Il a été libéré quelques heures plus tard, là encore sans aucune explication.

Un père et son fils arrêtés après une convocation

Deux jours plus tard, le 16 mars, le responsable Elier Muir Ávila et son fils Jonathan Muir Burgos, âgé de 16 ans, ont également été arrêtés et placés en détention par les autorités cubaines.

Selon le journal Diario Las Américas, l’arrestation a eu lieu après qu’ils se sont rendus au poste de police à la suite d’une convocation officielle, liée à leur participation présumée aux manifestations.

Jonathan Muir Burgos, le fils d’Elier.

Elier a été libéré le jour même. Son fils, en revanche, reste détenu et pourrait faire face à des accusations. Après sa libération, Elier a déclaré que les autorités se donnaient trois jours pour décider des poursuites judiciaires qui pourraient être engagées contre son fils.

«Ce n’est pas seulement une personne qui est détenue: c’est toute la famille qui est touchée.»
— Luis

La famille Muir avait déjà rencontré des difficultés par le passé. Elle a notamment subi une surveillance, du harcèlement et des restrictions dans ses activités religieuses. Il leur est interdit d’organiser des cultes à domicile ou de construire une église.

La situation inquiète la communauté chrétienne locale. «Ce n’est pas seulement une personne qui est détenue: c’est toute la famille qui est touchée», a déclaré Luis, un responsable cubain sur place.

Un contrôle étroit de l’État

Les arrestations de responsables religieux ne sont pas nouvelles à Cuba. Les autorités utilisent souvent cette méthode pour intimider les dirigeants qu’elles considèrent comme une menace.

«Des églises existent bien à Cuba, mais seulement si elles soutiennent le régime. Les églises indépendantes ne sont pas reconnues et sont considérées comme illégales. Cela permet au gouvernement d’agir contre elles. Les responsables sont avertis qu’ils pourraient être emprisonnés ou exilés s’ils mènent des activités non autorisées», explique Laura de l’équipe de Portes Ouvertes.

Les responsables font également face à une surveillance constante, à des restrictions administratives, à des pertes de biens et à des interrogatoires fréquents. Certains subissent des pressions psychologiques, tandis que d’autres sont contraints de quitter le pays.