Dans la plupart des pays où les chrétiens sont persécutés, ils devraient normalement être protégés par leur gouvernement. Ceci en vertu des Constitutions et des droits fondamentaux que la Loi leur garantit. Dans la réalité, les autorités sont souvent complaisantes, voire complices ou instigatrices de la persécution. En voici quelques exemples significatifs en ce début d’année.

Vidéo antichrétienne en Indonésie.
  • En Indonésie, une ONG humanitaire «réformée évangélique» a porté secours aux victimes du tremblement de terre de Cianjur (321 morts, 73.000 déplacés). Pour cela, elle a dû renoncer à utiliser son nom sous la pression des extrémistes islamiques qui ont répandu des slogans haineux dans une vidéo devenue virale (voir ci-dessus): «Ce sont des tentes évangélistes! Nous allons démanteler les tentes des infidèles!» Ces extrémistes ont obtenu le soutien du chef de la police locale, contre l’avis du gouverneur de l’État.
  • En Inde, les chrétiens indigènes (Adivasis) dans l’État du Chhattisgarh sont régulièrement chassés de leurs maisons par les villageois. Ils sont contraints à se reconvertir à l’hindouisme et à se réfugier dans des abris de fortune ou des stades mis à disposition par les autorités. Mais en début d’année, les extrémistes hindous s’en sont aussi pris à la police, blessant un gardien de la paix. Résultat: aujourd’hui, la police ferme les refuges et force les chrétiens à retourner dans leurs villages, où ils sont de nouveau torturés, battus et harcelés. 

Des gangs armés d'épées et de pierres

Selon un partenaire local de Portes Ouvertes, «des gangs armés (d'épées et de pierres) planifient ces attaques à l’avance. Ni l’administration ni la police locale n’interviennent pour limiter les rassemblements anti-chrétiens qui préparent ces attaques.» Notre partenaire précise:

«Les autorités ne font rien pour assurer la sécurité de ceux qui vont à l’Église.»

Ceci s’ajoute aux événements survenus fin 2022, quand des chrétiens indiens ont perdu leurs maisons dans des incendies criminels avant de se faire passer à tabac au poste de police.

  • Au Myanmar, dans l’État de Chin, l’armée semble préparer une offensive contre les rebelles pour le mois de mars. Ruth (pseudonyme), une chrétienne birmane, s’inquiète: «Un des officiers militaires a déjà demandé à ses enfants et à ses proches de partir; les lieux sont déjà quadrillés en préparation de l’attaque.» Elle poursuit:
«Nous vivons dans l’angoisse permanente. Si le pire se produit, où fuirons-nous?»

Obus et check-points

En effet, les chrétiens sont souvent assimilés aux résistants par la junte au pouvoir. Ils sont bloqués aux check-points quand ils tentent de fuir pour sauver leur vie. En fin d’année dernière déjà, quatre étudiants chrétiens avaient été blessés dans leur dortoir par un tir d’obus militaire, et deux chrétiennes avaient été arrêtées à un check-point.

Tous ces exemples montrent qu'entre la loi et la pratique, il y a souvent un grand écart, et que les chrétiens sont parfois mis en danger par ceux-là mêmes qui doivent les protéger. Pour autant, beaucoup persévèrent dans leur foi et continuent à placer leur refuge en Dieu et non dans les grands de ce monde (Ps118v9).