Le 14 juin, la police a interrompu un culte de l’église Early Rain Covenant et emmené plus de trente fidèles pour les interroger. Une nouvelle illustration de la pression exercée sur les églises de maison en Chine.
Le 14 juin 2026, l’église Early Rain Covenant, située à Jiangyou, dans la province du Sichuan, a de nouveau été la cible d’une descente des autorités.
Des dizaines de policiers et de responsables administratifs ont interrompu le culte dominical et exigé que tous les participants déclinent leur identité. Plus de trente fidèles ont ensuite été emmenés pour être interrogés. La plupart ont été relâchés le jour même, mais deux responsables sont restés détenus près de deux semaines, sans qu’aucune charge officielle ne soit retenue contre eux.
Une pression qui s’étend à tout le pays
Caleb (pseudonyme), chercheur, observe la situation: «Les rassemblements de l’église Early Rain Covenant sont pris pour cible depuis plusieurs années. Les autorités s’y intéressent de près depuis 2019. Plus largement, ces dernières années, elles ont renforcé leur surveillance de toutes les églises de maison du pays, qui ne sont pas enregistrées et sont donc considérées comme illégales.»
Au-delà des affaires très médiatisées de l’église Early Rain Covenant, de l’église de Sion ou de l’église Yayang, de nombreuses autres églises de maison, partout en Chine, subissent des formes similaires de répression, même si leur situation reste largement méconnue.
«Certaines choisissent d’endurer en silence, tandis que d’autres ne disposent d’aucun soutien, explique Caleb. Certaines se trouvent dans de petits villages, d’autres dans de grandes villes; certaines rassemblent des centaines de fidèles, d’autres seulement quelques familles. Des chrétiens ont été arrêtés et condamnés, tandis que d’autres vivent désormais dans la clandestinité. À des degrés divers, les églises de maison sont aujourd’hui confrontées à différentes formes de contrôle et de répression de la part des autorités.»
Des récompenses pour encourager les dénonciations
Jacob (pseudonyme), partenaire local de Portes Ouvertes dans le centre de la Chine, témoigne lui aussi du durcissement de la situation: «Dans notre région, les autorités ont mis en place un système de récompenses pour encourager les dénonciations. Une église de maison a ainsi été signalée, et son pasteur est détenu depuis quinze jours pour avoir organisé des rassemblements illégaux. Les autorités mobilisent désormais la population pour faire pression sur les églises de maison. Aujourd’hui, les communautés chrétiennes de notre région subissent une très forte pression.»
Cette région, qui fut l’un des premiers foyers de croissance du christianisme après la politique de réforme et d’ouverture engagée à la fin des années 1970, a largement contribué à la diffusion de l’Évangile en Chine. Aujourd’hui, les églises de maison qui y sont implantées font face à une répression de plus en plus intense.
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